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Être multipotentielle et entrepreneure: obstacles, super-pouvoirs et astuces pour mieux vivre avec!

Qu'on ait conscience de notre personnalité atypique ou pas, peut-être que ce genre d'obstacles résonnent avec toi:

  • Incapable de choisir une seule idée de business
  • Lancer des idées de projets et ne pas passer à l'action facilement
  • Commencer un truc et avoir dur à terminer
  • Avoir des pics d'enthousiasme puis de découragement profond
  • Une pensée arborescente qui nous rend parfois un peu dingue
  • De la difficulté à s'organiser, à rester concentré
  • L'hypersensibilité...

 

C'est pas simple tous les jours d'être multipotentielle (ou slasheur, ou multipassionné, ou... tu le nommeras comme tu préfères) ET d'entreprendre.

 

Certes, on peut avoir du mal à s'organiser ou à faire des choix, même si on a pas une personnalité ou tempérament atypique. Oui, ça se peut que tu ne passes pas à l'action tout simplement parce que ça demande de découper le projet en petits pas ou simplement parce que tu as peur.

 

Mais quand on commence à comprendre que, oui, de nombreux critères nous posent vraiment des soucis, alors ça vaut la peine de chercher des pistes d'amélioration concrètes.

 

(Je ne vais pas aborder dans cet article la question de "Est-on vraiment multipotentiel, mais plutôt comment mieux gérer son quotidien quand on a compris qu'on l'est, et qu'on galère avec parfois :-D )

 

Je te partage les caractéristiques que j'ai vécues personnellement en ayant ce tempérament, ainsi que les astuces pour mieux vivre avec ces particularités qui peuvent rendre le parcours de l'entrepreneuriat encore plus particulier que ça ne l'est déjà :-)

 

J'ai entendu parler des termes "zèbres" ou "multipotentiels" peu après la naissance de ma fille, il y a 12 ans, au détour d'un cours de piano: en début de cours, le prof me dit: "je pense que tu devrais lire ça". Une histoire de Zèbre, que je n'ai pas saisie directement.

 

Dans un premier temps, comme souvent le font ces drôles de bêtes, j'ai réfuté, ri à pleins poumons: "moi, intelligente?" (LOL). Créative, débrouillarde, oui, ça je pouvais l'accepter. Mais plus souvent dans la mouise que dans la réussite.

 

Mais "HP" ou "multipotentielle", c'était de la vaste blague. J'avais tant de difficultés à aboutir à quelque chose, à choisir un domaine de vie, à "réussir" aux yeux de mon entourage (encore pire, à mes propres yeux). Mais tout de même, au fur et à mesure des lectures et des thérapeutes, j'ai fini par un constat alarmant: tout le monde me pensait Zèbre (ou je ne sais quoi du genre) mais personne ne pouvait vraiment m'aider, concrètement, au jour le jour, pour vivre avec et enfin aboutir dans mes projets de vie.

 

Puis avec les années, j'ai commencé à mieux comprendre en quoi cela pouvait être un cadeau, mais aussi, souvent, un grand challenge.

 

Ce que je souhaitais réellement, ce n'était pas particulièrement "être normale", mais plutôt comprendre pourquoi d'autres semblaient avoir beaucoup plus facile à réaliser leurs projets/rêves, tandis que moi, je prenais mille détours.

 

Pendant que la majorité des gens faisaient une ligne droite dans un projet (même avec quelques arrêts de réflexion), moi ça ressemblait davantage au chemin de Compostelle: 3 ans plus tard, j'étais toujours avec les mêmes "cailloux dans la chaussure" et toujours en train de cogiter sur les détails (du chemin/projet/choix) ou sur la vue philosophique de l'aventure.

 

Des détours sinueux dans mes émotions ingérables, marécageux dans mon organisation catastrophique, quand je ne me sabotais pas complètement dans le flou, les méandres nuageux de mes idées fécondes, des idées sans fin dans leurs branchages (révolutionnaires à mes yeux le lundi, à chier le mardi).

 

Un câblage particulier qui permet de faire du lien entre des sujets très épars. Oui, mais peut-être trop de liens...

 

L'élaboration est sans fin. Lorsqu'une seule question est posée, le chemin est enclenché dans notre esprit... c'est magnifique pour brainstormer sur un nouveau produit ou service, ça devient beaucoup plus compliqué dès qu'il s'agit de rendre les choses concrètes.

 

Exemple:

 

  • Le simple fait d'écrire un article de blog peut devenir la brèche à écrire un livre (et merdouille, l'après-midi est passée et l'article de blog n'est toujours pas écrit)
  • La nécessité de faire une table des matières pour une formation en ligne se transforme en brainstorming sur "la vision annuelle de tous les sujets qui nous Pop en tête"
  • La difficulté à rester focus sur le sujet prévu (dans un post instagram, un zoom de coaching, etc...) qui nous fait digresser tout le temps
  • La volonté de répondre à une question de façon claire et limpide, mais la difficulté à sélectionner l'essentiel dans le nombre d'informations qui se présentent à notre cerveau
  • La difficulté à faire simple: sortir une formation sur un seul sujet précis plutôt que sur un thème ultra-complet-généralisé-pour-parler-de-tout-sinon-il-manque-des-bouts
  • Le sentiment qu'une vidéo de 7 minutes sur un sujet ne peut pas avoir de valeur parce que - justement - on a besoin de faire des détours pour situer le contexte, expliquer les nuances...
  • Fatiguer les gens, tout simplement, parce qu'on ne va pas droit au but...

 

Astuces que j'ai mises en place:

 

  • S'entraîner à résumer les essentiels: à la fin d'une conversation ou après réflexion sur un sujet (d'article ou de contenu), s'entraîner à résumer le message principal et les conseils principaux.

 

  • Si tu faisais un "speed-dating" de 3 minutes avec quelqu'un, quelles seraient les informations ultra importantes que tu transmettrais. Tout le reste, on apprend à y renoncer ou à le limiter quand c'est nécessaire, si le format ne le permet pas.

 

  • S'entraîner à observer ses pensées comme des objets qui flottent autour de nous dans l'air, et sélectionner - de nouveau - les essentiels. Notre cerveau va vite, peut parfois être confus: tu peux améliorer ta capacité à être concis et percutant en prenant un temps de réflexion avant de parler, toujours dans l'optique de déterminer quelle est l'information essentielle qui doit sortir, sans expliquer à autrui tout le chemin mental ou processus sinueux que tu vis à l'intérieur.

 

  • Toujours se poser la question: "Quel est l'unique message ou l'intention/ le but" (du paragraphe, du module, de l'article, de la discussion, de la formation, du rendez-vous...)

 

Les super-pouvoirs de cette particularité:

 

Cela nous rend vachement inventif, et utile pour autrui quand il s'agit de trouver des solutions créatives, ou des idées qui sortent des sentiers battus. On a cette capacité à créer des liens entre de nombreux sujets en même temps, comme si on se baladait en quelques secondes dans l'immense magasin de nos souvenirs / compétences / expériences de vies / observations: ça nous apporte des "assemblages" d'idées intermédiaires souvent innovantes, même si pas toujours pertinentes.

 

On ne le réalise pas, mais nous sommes des "machines à créer du contenu": la seule amélioration que ça nous demande d'apporter, c'est de s'exercer à répertorier ces idées de façon à pouvoir les ré-utiliser au bon moment de façon ciblée et approfondie.

 

Disposer d’une intelligence qualitativement différente... et pourtant se sentir ultra nul... souvent.

 

On apprend avec le temps qu'on a une tendance à assimiler plus rapidement les informations à notre disposition, qu'elles soient sensorielles, émotionnelles, corporelles, matérielles... et pourtant, cela peut nous mettre régulièrement dans un état de "supervision flottante" qui nous empêche d'agir simplement, un pas après l'autre, sans trop se poser de question.

 

Dans les résultats, ça donne souvent de super idées, mais beaucoup moins d'actions répétées que de beaux blablas. Donc à la fin, malgré un potentiel plus important de départ, on a souvent la sensation que les autres sont plus avancés dans un domaine simplement parce qu'ils agissent davantage (pendant qu'on est toujours en train d'analyser).

 

Vu de l'extérieur, ça donne l'impression de réalisations ou résultats inférieurs en regard de nos capacités soit-disant exceptionnelles. D'où un sentiment d'imposture ou d'infériorité régulier.

 

Cette inquiétude de voir les autres se spécialiser dans leur domaine, le sentiment qu'on arrive pas toujours à rester persévérant dans une branche... tout ça nous donne parfois l'impression qu'on a moins de valeur. Sans compter que la société valorise plutôt le fait de faire carrière, ou encore le fait d'être super fort dans un seul domaine.

 

Or nous, notre truc, c'est souvent d'être plutôt très bon, rapidement, dans de nombreux domaines successifs ou superposés.

 

Par ailleurs, on a une exigence plutôt élevée de ce que veut dire "être bon dans un domaine" étant donné qu'on perçoit en même temps toutes les nuances de ce que signifie "qualité" pour nous. Pour autant, nous sommes humains comme tout le monde, nous ne pouvons pas "aller plus vite que la chanson" en terme d'heures (on a tous 24h dans une journée et tout domaine nécessite de l'entraînement).

 

Dans ces cas-là, la perception de notre valeur et de notre niveau peut être erronée voire complètement en distorsion par rapport à la perception qu'ont les gens: et ce en particulier si dans notre parcours, les difficultés de confiance en soi sont majeures.

 

Astuces que j'ai mises en place:

 

  • Comme dit Martin Latulippe, "Fait vaut mieux que parfait". Car à force de me ronger à vouloir atteindre le niveau d'exigence que j'avais en tête, le temps passait. Depuis, je consacre beaucoup plus de temps à agir et répertorier les axes d'amélioration APRÈS l'action, plutôt que de rester frustrée longtemps par la non-action que génère le besoin de perfection. Bien entendu, je ne dis pas qu'il faille pour autant foncer tête baissée dans nos choix, mais c'est tout l'art de ce feedback qu'apporte l'action: à quel moment est-il préférable de réfléchir, à quel moment il faut agir - et puis c'est tout. JUST DO IT, ça fonctionne très bien ^^. D'ailleurs, ceci est très intéressant: dans une conversation qui parle de ce que tu devrais faire pour passer à l'étape suivante (avec des collègues, amis entrepreneurs ou coach), si tu remarques que tu adorerais continuer à en parler et dire à quel point ça te motive - plutôt que de t'engager à faire quelque chose de concret - c'est typiquement le moment où "Just do it" est adéquat :-)

 

  • Me rappeler constamment les situations qui me prouvent que par l'entraînement, je suis devenue irrémédiablement meilleure que le "potentiel" que j'avais au début. Même si je sais que j'ai des aptitudes faciles, je ne me sens ravie de mes résultats que quand je sais que j'ai progressé par la répétition, plutôt que "juste avoir un talent/une facilité de départ". Sans ça, c'est la porte ouverte au sentiment d'imposture, puisqu'on a du mal à valoriser notre simple talent. Je ne dis pas non plus que c'est nécessaire de bosser pour avoir de la valeur, ça n'a rien avoir: je dis que l'entraînement pratique, ça aide beaucoup notre cerveau qui a tendance à chipoter avec ces notions. Avoir des preuves tangibles de progression, ça nous aide à être plus enclin à agir la fois d'après.

 

  • Je liste/me rappelle toutes les situations qui m'ont apportées les réponses et la confiance en moi GRÂCE à l'action: nous avons un profil qui comprend beaucoup de choses, mais avec une grande tendance à les mentaliser. La réalité et le feedback, ça ne se mentalise pas: quand on a du concret, ça apporte de la confiance "mesurable", qui ne se trouve pas dans la même catégorie que l'estime de soi (qui nous demande d'ailleurs souvent un travail à part entière sur le côté).

 

Les super-pouvoirs de cette particularité:

 

C'est ultra cool, on a souvent des aptitudes pour de nombreuses activités et savoir-faire: cela nous permet d'avoir un métier qui est souvent exercé de façon unique de par les différents ingrédients qu'on y intègre malgré nous. On est multi-fonctions et c'est souvent ce qui crée notre différence: si on imagine les plats d'un chef cuistot, on a comme une petite touche de "sucré dans le salé", une recette unique difficile à répliquer.

 

Enfin, il faut bien avouer que même si on est souvent ralenti par notre tendance à tout analyser ou sur-mentaliser, on a aussi une rapidité à assimiler de nouvelles compétences: imagine si tu apprenais à te prendre moins la tête et à utiliser au mieux tes super-pouvoirs?

 

"Refuse to choose"/ Je ne veux pas choisir: être un “scanner” de l'’horizon de nos nombreux intérêts. Trop d'idées, ça fait cramer le disque dur...

 

Comme le dit si bien le livre de Barbara Sher (https://livre.fnac.com/a12911731/BARBARA-SHER-Je-ne-veux-pas-choisir), on scanne tout, tout le temps, partout. Impossible de faire abstraction des opportunités, idées, pistes, sous-catégories d'idées, etc.

 

C'est comme un siphon qui nous entraîne vers "la dimension d'ailleurs" dès qu'on se fixe sur un sujet.

 

On nous dit de choisir un métier, un carrière, une niche, alors que pour nous c'est un calvaire! Nous semblons être conçus pour voir dans l'ensemble, faire des plongées temporaires puis assembler ces trouvailles comme un puzzle de nos expériences sur le chemin de la vie.

 

Avant de comprendre cela, ça se peut donc qu'on soit en panique à la lecture de notre CV: quand est-ce qu'on va enfin se poser, ou trouver un truc qui ne nous ennuie pas après 3 mois?

 

Astuces que j'ai mises en place:

 

  • J'ai vraiment cru pendant longtemps que j'étais soit un "jouet défectueux dans la série" , soit que j'allais devenir dingue un jour, à force de "mourir psychiquement" dès que je m'ennuyais quelque part - et que pourtant, la vie m'imposait de rester (contrat, nécessité de revenu etc). J'ai trouvé dans l'entrepreneuriat non seulement un modèle où il est plus difficile de s'ennuyer (un vrai laboratoire de challenges et d'innovation) mais surtout, j'ai découvert que je me stabilisais beaucoup dans la rotation entre les sujets majeurs qui m'animent. Bon plan: tourner entre nos centres d'intérêt principaux.

 

  • Le Graal: avoir trouvé un bout d'équilibre dans le fait de répéter/reproduire des actions qui m'ont apporté du résultat concret dans mes métiers, mais avoir en même temps la liberté d'innover dans ce même métier et d'exercer dans un autre domaine quand j'ai besoin de recul.

 

Les super-pouvoirs de cette particularité:

 

Encore une fois, cette capacité à scanner dans divers domaines nous apporte des solutions étonnantes dans un contexte qui n'a rien avoir au départ: nous sommes capables de tisser des ponts entre les domaines privés et professionnels, entres nos domaines professionnels actuels et passés, et entre notre observation du monde et nos problématiques actuelles.

 

Exemple dans le même genre: savoir aller puiser dans l'art, la musique, les films, les jeux vidéos, les rencontres amicales, les jobs, le sport, les religions, l'histoire, les matières et sons autour de nous pour concevoir quelque chose dans un métier qui n'a rien avoir. Tout dans la vie est matériau potentiel.

 

C'est un peu comme être multi-dimensionnel comme en science-fiction: on finit par venir vous chercher ou vous consulter expressément parce que "vous avez surement une perception différente ou un apport imprévu auquel ils n'ont pas encore pensé".

 

Quand ça va plus vite dans la tête que notre capacité à nous exprimer:

 

On peut croire, parfois, qu'on a un réel problème psychomoteur ou langagier: parfois, c'est comme impossible de parler aussi intelligemment que ça se passe pourtant dans notre cerveau! Et quand ça sort, c'est brouillon, idiot, les mots ne viennent pas, ça se mélange...

 

Du coup, on ose pas passer à l'action dans de nombreux domaines: la vidéo, les conférences, les rendez-vous.

 

Et si, en grande catastrophe, nous ne parvenions plus à accéder à qu'on connaît pourtant si bien? Et si on devenait profondément con, publiquement?

 

Dans le même genre de souci, nous avons souvent tendance à utiliser les métaphores et les paradoxes dans notre façon de parler (tout ça en changeant souvent de sujets): c'est donc d'autant plus dur pour nos interlocuteurs de nous comprendre sans se sentir confus.

 

Astuces que j'ai mises en place:

 

  • Ce n'était qu'une question d'entraînement, qui a amené de la confiance dans la pratique: s'entraîner à rassembler ses idées, à articuler ses propos, à gérer son stress et ses émotions, à prendre des temps de silence pour ne pas digresser en permanence, à savoir exprimer un sujet à partir de quelques notes sur une fiche. Mais par dessus tout: surtout à accepter l'imperfection et préférer le naturel et la spontanéité.

 

  • Aussi: savoir vulgariser et simplifier notre message quand nécessaire: appeler un chat un chat, sans jolies mises en forme poétiques et totalement incompréhensibles pour nos lecteurs / clients / audiences.

 

Les super-pouvoirs de cette particularité:

 

Dès qu'on s'est exercé, on est une mine d'or en toute situation: car en devenant capable de gérer nos émotions, notre débit, notre capacité à structurer nos idées en temps réel, on est capable de donner une semaine de formation au pied levé sans préparation ou presque (car on développe une capacité rapide à structurer le processus qu'on veut proposer, comme si on voyait le déroulé complet de la semaine en quelques minutes: plus on s'exerce, plus on est efficace là dedans - c'est vraiment pratique!).

 

On ne manque jamais d'idées, de contenu, de propositions, de métaphores, d'exercices mises en pratique... notre sac de Mary Poppins est inépuisable.

 

Perfectionnisme, idéalisme, une intolérance pour les tâches quelconques / de routine ou parfois même, la résistante aux figures d'autorité.

 

On ne supporte pas vraiment les trucs trop "bateau" ou qu'on pense que tout le monde sait déjà... et ça nous coûte cher.

 

On mélange parfois un peu tout: nos valeurs et nos idéaux pour le monde, l'idée qu'on se fait d'une entreprise et ce que ça demande réellement dans le quotidien. On a une vision finale et pourtant une grande difficulté à vouloir "payer le prix" de ce que ça va demander pour naître. S'incarner dans la matière peut être un sacré défi.

 

Nos idéaux peuvent être tellement puissants qu'on se retrouve à résister aux "basses tâches du quotidien" qui y sont liées, qui ne vont pas assez vite vers le résultat (impatience), malgré qu'elles soient nécessaires.

 

Dans le même registre, on peut avoir beaucoup de mal à agir pour un supérieur si le manque de sens / de vision / de valeur n'est pas clair. Étant donné qu'on voit tout dans son ensemble, il se peut parfois qu'on ait juste besoin de détails sur le raisonnement ou les étapes. Mais parfois, il nous est juste impossible de poser des actes simples si cela ne répond pas à nos standards de qualité ou de valeur (même quand nous n'avons pas forcément raison, puisque parfois, rappelons-nous, nous mentalisons et donc interprétons sans savoir vraiment).

 

Quoiqu'il en soit, ça peut créer un grand désintérêt pour toutes les étapes intermédiaires d'un projet, pour plusieurs raisons.

 

Enfin, de par ce perfectionnisme ou ces idéaux (et le décalage que ça crée vis à vis de la réalité), on a tendance à oublier que ce que nous avons déjà assimilé ne l'est pas encore pour nos interlocuteurs: le fameux syndrôme de l'expert (alors que paradoxalement, on s'estime souvent pas assez compétent). On trouve alors que nos idées sont parfois "bas de gamme", pas assez poussées, ou pas assez intéressantes parce qu'elles sont logiques pour nous. Pourtant, on a la nécessité d'apprendre à revenir aux choses simples, accessibles et vulgarisées pour aider notre clientèle à avancer. Nous aimons parfois ce qui est complexe... mais cela nous éloigne souvent des gens.

 

Dans le domaine de la création de contenu, ça peut nous donner l'impression qu'on a rien à dire, qu'on ne fait que se répéter ou enfoncer des portes ouvertes, ou encore avoir peur d'être perçu comme "pas assez compétent".

 

Astuces que j'ai mises en place:

 

  • Toujours clarifier le sens/le pourquoi de chaque étape ou action dans la création du projet ou d'un planning: nous avons besoin de savoir pourquoi on fait les choses, si ça a du sens, dans quel contexte cette tâche s'inscrit (tout le monde en a besoin, c'est certain: mais moi sans ça, je ne bouge pas d'un iota, je peux tomber dans l'immobilisme). C'est dans cette optique que nous sommes alors capables d'une grande et surprenante persévérance.

 

  • Pour les difficultés avec les figures d'autorité (ou tâches obligatoires désagréables), comme pour un enfant, faire des mises au point avec soi-même sur ce qui est non négociable et susceptible de "sanction": faire sa compta, c'est pas drôle, mais ça fait partie du jeu. Trouver des façons de rendre les actions répétitives plus sympa ou plus sensées. Savoir oser sortir du cadre et exploser les règles, mais pas les lois ou les valeurs qui sont sont chères. Faire attention à l'équilibre: si la quantité de tâches du quotidien de type plus "répétitif" ou peu intéressant est trop importante, nous pouvons avoir tendance à tout balancer sur un coup de tête ou saisir le moindre écureuil qui passe (opportunité de se divertir en créant autre chose).

 

  • Rester proche des gens et de la réalité, sortir parfois de notre petite bulle: confronter nos idées dans la pratique, échanger avec les gens et vérifier si on se fait bien comprendre. Faire le nécessaire pour se souvenir de nos débuts dans un domaine: les peurs, les doutes, les besoins d'un débutant.

 

Les super-pouvoirs de cette particularité:

 

Sans tomber dans les travers du perfectionniste, nous sommes toujours en évolution constante pour un meilleur résultat: chercher la petit bête, ça a aussi du bon. Si nous parvenons à gérer notre frustration et notre impatience, nous pouvons développer une conscience professionnelle qui crée des relations long terme tant avec nos clients qu'avec nos partenaires. Nous n'acceptons pas souvent la médiocrité (d'où le fait qu'on peut être très dur envers nous-mêmes) mais au moins, on progresse toujours!

 

Aussi, un petit côté visionnaire: avec le temps, le bon côté de voir les choses de façon poussée, c'est qu'on perçoit les possibles avant les obstacles. Parfois de façon culottée, mais on peut ouvrir la voie dans certains nouveaux domaines ou façons de faire.

 

Sensibilité sensorielle et émotionnelle, empathie extrême, difficulté de concentration, pics de motivation ou flottement existentiel, solitude chronique ou l'inverse

 

Être une antenne qui scanne, c'est pas de tout repos: personne ne nous a appris à nous connaître, nous accepter ou nous comprendre, nous gérer et encore moins à savoir prendre du recul sur les émotions - tout en suivant nos intuitions.

 

Une émotion peut nous empêcher de travailler, même un son, une personne qui parle, une ambiance, une situation politique ^^ quand ça n'est pas simplement notre cerveau qui nous joue des tours.

 

Avec nos idéaux élevés, notre besoin de comprendre les choses, le moindre déséquilibre peut nous pousser dans un état de flottement ou de questionnement duquel nous n'avons pas le réflexe de sortir facilement. On est comme "dans la lune", plus du tout ancré dans la réalité.

 

On ne comprend pas toujours pourquoi on ressent certaines tristesses intenses, ou solitude/incompréhension vis-à-vis de notre entourage, tandis que d'autres fois nous apprécions profondément être seul alors que la situation ne le permet pas forcément.

 

Enfin, nos relations de couple (ou affectives) peuvent être impactantes pour notre entreprise, car il n'est déjà pas facile de nous suivre en tant qu'humain, ni en tant qu'entrepreneur(e), alors imagine en tant que multi-entrepeneur(e)... ça se peut que le couple soit un sujet déstabilisant dans nos projets, à moins d'avoir trouvé un(e) compagnon apte à comprendre les tenants et aboutissants de tout cela. Cela nous demande aussi beaucoup de conscience de nous-même pour pouvoir communiquer avec l'autre en temps réel.

 

Astuces que j'ai mises en place:

 

  • Me créer une boîte à outils de secours: savoir revenir en zone de maîtrise pour percevoir la situation par plusieurs filtres, sous plusieurs angles de vue. Savoir respirer pour me calmer, avoir des mantras pour être plus objective dans certaines situations, savoir m'observer pour savoir si c'est une émotion réactive ou une valeur bafouée, savoir faire la part des choses entre la fatigue, l'ennui, ou un réel désalignement. Aussi, je me fais accompagner/coacher pour pouvoir exprimer sans jugement là où j'en suis.

 

  • Par ailleurs, je mets en place des guides visuels dans mes projets Pro et privés (grâce à des tableaux sur mes murs de bureau): pour savoir si les objectifs de départ ou mes "non-négocialbles" correspondent toujours à la situation actuelle, si ma vision de départ a été organisée pour être réalisable. Il m'est nécessaire de voir clairement de quoi j'avais besoin pour que je me sente bien et pour parvenir à un résultat. En temps réel, je mets à jour: le lieu de travail n'est pas adpaté -> Que puis-je alors faire? Les projets ne se passent pas comme prévu, je veux changer -> à quoi est-ce dû: est-ce en moi (manque de sens par exemple) ou à l'extérieur de moi (covid)?

 

  • Je me demande toujours: si je n'avais aucune limite, quelle serait la situation idéale qui m'épanouirait, tant en situation matérielle que réalisations, relations... je suis d'abord aussi honnête que possible avec moi-même, puis je vois ensuite comment je peux être aussi proche de cela dans la réalité, même si ça prend des étapes progressives. Cela me permet de prendre mes responsabilités quand les obstacles se présentent: la frustration peut alors être raisonnée (Exemple: travailler face à la mer ou nature plutôt qu'en pleine ville avec les ambulances, c'était écrit dans le plan, ça servait à rien de s'énerver en cours de route. Par contre, être interrompue tout le temps parce qu'on travaille chez soi avec la famille, ça demande juste un panneau sur la porte pour mettre ses limites :-) )

 

  • Se connecter à la nature, pratiquer des activité manuelles: des choses proches de la terre, des choses simples, qui demandent de la présence et qui nous permettent d'être simplement en conscience.

 

Les super-pouvoirs de cette particularité:

 

De grands moments d'illumination ou d'inspiration provenant d'on ne sait où: des cadeaux de la vie qui nous mettent dans un état de flow créatif. On capte de belles choses qui se réalisent lorsqu'on s'autorise à passer à l'action.

 

La capacité à accéder à une grande détermination lorsqu'on est dans la situation où le (multi-)projet nous convient: lorsque celui-ci rassemble plusieurs de nos critères, nous pouvons faire preuve de beaucoup de courage, de motivation, d'implication et de concentration.

 

L'aptitude à créer des entreprises qui impactent le monde à leur niveau, et étonnamment (malgré une apparence instable ou facilement déstabilisée) une grande aptitude au leadership et à la gestion d'équipe - lorsqu'on gère bien nos énergies et émotions.

 

Et enfin, le regard des autres dans la société, l'entourage proche et les clients: on nous dit "passionné, exagéré, intense, instable », on nous demande de satisfaire à la norme sociale qui est carrée alors que nous sommes multi-cercles.

 

Pas besoins de débattre pour savoir que c'est généralement pas super bien perçu, notre façon de slasher. Cela fait peur, insécurise nos parents, fatigue notre conjoint(e), questionne nos clients, et hérisse nos coachs quand ça ne les fait pas fuir :-D

 

Quand tu vis un obstacle en tant que multi-entrepreneur(e), demande un avis à quelqu'un - n'importe qui de proche ou moins proche - ça sera toujours la faute à "tu fais trop de trucs" même quand ça n'est pas le cas, et même si c'est dit "pour ton bien" ^^

 

Astuces que j'ai mises en place:

 

  • Avant de demander un avis, je vérifie que je suis claire avec moi-même: je crée le format de vie que je veux, je ne me laisse pas (plus) influencée par "ce qui se fait d'habitude". Je teste par moi-même et j'en tire des leçons. Seule moi peut savoir si ça me rend heureuse.

 

  • Par contre, de façon ciblée, je demande de l'aide précise: ai-je un vrai souci pour lequel j'ai besoin d'aide? Il existe des spécialistes dans tous les sous-domaines que je ne maîtrise pas. Je suis aux commandes de mon bateau, mais je ne suis pas forcément le menuisier de ma coque. Quand quelque chose ne fonctionne pas, il se peut qu'un spécialiste puisse m'aider sans que ça remette en cause ma façon d'entreprendre au complet, mais juste un paramètre à améliorer.

 

  • Je prends également souvent la température de mon bonheur: car quand parfois on se laisse déstabiliser par les propos de notre entourage, il arrive que ça soit parce qu'il y a une partie de vérité: une partie de nous sait qu'ils ont raison. On s'y prend mal et on reste buté parce qu'on refuse d'être limité dans notre champ d'action. Mais parfois, il vaut mieux savoir reculer pour mieux sauter, même si ça nous demande de ne pas faire tous les projets en même temps au début, pour apporter une touche de raisonnable ou de pragmatisme dans notre évolution.

 

"Avec une aide appropriée, quand les adultes multipotentiels découvrent leur véritable identité, ils peuvent alors revisiter leur histoire personnelle en terme d’atouts plutôt qu’en termes de faiblesses" (Elaine Jacobsen).

 

Conseils en vrac:

 

  • S'offrir des moments de plaisir improductif réguliers (ne RIEN faire)
  • S'entraîner à la relaxation pour contrebalancer le mental
  • Trouver des compatriotes qui aiment décortiquer comme nous, de temps en temps
  • Savoir que s'accorder des multiples passions peut restaurer une énergie disparue, augmenter l’intégration sociale et la confiance en soi
  • Assumer que le nombre d’activités qui nous satisfait est généralement supérieur à celui d’une personne dans la norme et ne pas se laisser juger par autrui
  • Faire attention à recharger les batteries malgré tout, en particulier pour réguler les émotions
  • S'entourer d'humains qui soignent la relation, qui ont un regard bienveillant, apporte leur soutien sans jugement

 

"Quand enfin un adulte multipotentiel rentre en possession d’une identité authentique et débarrassée de ses chaînes, un changement radical intervient, une sorte de « coming out », une révélation de l’individu en pleine possession de ses moyens qui peut respirer librement, créer avec vigueur, et dont les talents peuvent murir sans honte et sans défiance épuisante" (Elaine Jacobsen).

 

Que ta vie soit un feu d'artifice!

 

Isa

 

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